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Fiche pratique

Médiation pénale

Vérifié le 01 mars 2022 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

La mĂ©diation pĂ©nale est une mesure alternative aux poursuites dans un conflit pĂ©nal. Elle est proposĂ©e par le procureur de la RĂ©publique. Aucune intervention d'un juge n'est prĂ©vue. L'infraction commise doit ĂȘtre de faible gravitĂ©. L'auteur de l'infraction et la victime tentent de trouver un accord Ă  l'amiable pour la rĂ©paration du prĂ©judice subi par la victime. La rĂ©paration du dommage est une condition essentielle. En cas d'Ă©chec, le procureur peut dĂ©cider d'un procĂšs.

Pour des infractions de faible gravité, la médiation pénale est proposé par le procureur de la République pour régler un conflit pénal.

Elle nécessite l'accord et la participation active de toutes les parties, l'auteur de l'infraction et la victime.

Elle est possible dans le cadre d'une communication entre les parties.

Elle permet de réparer un dommage subi par la victime et de mettre fin au trouble causé par l'infraction.

Elle consiste en un accord à l'amiable entre les parties. Elle évite la tenue d'un procÚs.

C'est une mesure intermédiaire entre le classement sans suite et le procÚs.

Le procureur de la République, saisi d'une plainte ou ayant connaissance de faits constituant une infraction, peut mettre en place une mission de médiation pénale.

C'est le cas si cette mesure peut permettre :

  • la rĂ©paration du dommage de la victime et de mettre fin au trouble causĂ© par l'infraction
  • ou la rĂ©paration du dommage de la victime et de contribuer Ă  la rĂ©insertion sociale de l'auteur des faits.

Pour que la médiation puisse avoir lieu, il faut que l'auteur des faits et la victime soient connus et identifiés.

Les faits doivent ĂȘtre de faible gravitĂ©, simples, clairement Ă©tablis et reconnus par l'auteur.

La mĂ©diation peut ĂȘtre proposĂ©e pour les majeurs et les mineurs.

Elle peut concerner les contraventions et certains délits, à l'exception des atteintes à l'intégrité physique, par exemple les agressions sexuelles.

Une médiation pénale peut avoir lieu dans les cas suivants :

  • Injures, menaces, tapage nocturne, troubles de voisinage
  • Violences lĂ©gĂšres, vol simple
  • DĂ©gradation de bien
  • Non-paiement de pension alimentaire et non-prĂ©sentation d'enfant.

Le plus souvent, la médiation vise des situations dans lesquelles une relation de proximité existe entre la victime et l'auteur (voisinage, famille, relations professionnelles...).

  À savoir

en cas de violences dans un couple ou ex-couple, la médiation est possible seulement si la victime en fait la demande. Si de nouvelles violences sont commises aprÚs cela, la médiation n'est alors plus possible.

Début de la médiation

La médiation pénale est proposée par le procureur de la République ou par un officier de police judiciaire (OPJ) qu'il désigne.

Elle nécessite l'accord de la victime.

Elle peut débuter aussi à la demande de la victime.

Elle est mise en place par un médiateur pénal, désigné par le procureur de la République.

Elle se déroule dans un tribunal, une association, une maison de justice et du droit ou une antenne de justice.

Convocation

Le médiateur pénal convoque chacune des parties (auteur des faits et victime) à un entretien individuel.

Lors de celui-ci, le médiateur rappelle la loi et explique la procédure de médiation.

Il peut aussi mettre en prĂ©sence les parties pour trouver une solution Ă  l'amiable pour rĂ©parer le prĂ©judice de la victime. Cela peut ĂȘtre une explication rĂ©ciproque, des excuses, la remise en Ă©tat d'un objet, le versement de dommages et intĂ©rĂȘts, par exemple.

Les parties peuvent ĂȘtre, l'une et l'autre, accompagnĂ©es d'un avocat.

OĂč s’adresser ?

Si l'auteur des faits est mineur, ses parents doivent ĂȘtre convoquĂ©s et prĂ©sents Ă  l'entretien.

Leur accord est nécessaire pour la médiation pénale.

  À savoir

l'aide juridictionnelle peut vous permettre de payer les frais d'un avocat, en totalité ou en partie. Elle est accordée en fonction des ressources et du patrimoine aussi bien à la victime qu'à la personne mise en cause.

En cas de rĂ©ussite de la mĂ©diation, un procĂšs-verbal est Ă©tabli par le procureur de la RĂ©publique ou le mĂ©diateur qui est signĂ© par lui-mĂȘme et les parties.

Si l'auteur des faits est mineur, ses parents doivent aussi signer l'accord.

Une copie de ce procĂšs-verbal est remis Ă  chacun.

Si l'auteur des faits s'est engagĂ© Ă  verser des dommages et intĂ©rĂȘts, ce procĂšs-verbal peut ĂȘtre utilisĂ© par la victime pour demander le paiement forcĂ© avec la procĂ©dure d'injonction de payer.

Le médiateur vérifie que l'accord est exécuté. Il adresse un rapport sur la fin de la médiation au procureur de la République.

Si la médiation pénale est réussie, l'affaire est le plus souvent classée sans suite.

  À savoir

la médiation pénale n'est pas inscrite sur le casier judiciaire de l'auteur des faits.

Les parties peuvent ne pas répondre aux convocations ou refuser la tentative de médiation. Le médiateur en rend compte, par écrit, au procureur de la République. Il peut alors décider d'une composition pénale ou d'engager des poursuites et saisir le tribunal compétent.

C'est aussi le cas lorsque aucun accord n'a pu ĂȘtre trouvĂ© par les parties prĂ©sentes, malgrĂ© l'aide apportĂ©e par le mĂ©diateur. Ce dernier en informe le procureur de la RĂ©publique qui dĂ©cide de la suite Ă  donner Ă  ces faits.

Il est possible que la médiation pénale ne soit pas exécutée en raison du comportement de l'auteur des faits. Le procureur de la République, sauf élément nouveau, met en place une composition pénale ou engage des poursuites.

 Ă€ noter

la mesure de médiation entraßne une suspension de la prescription de l'action publique.

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